
Roger Bacon
Anglaises ou italiennes ?
Au XIIIe siècle, Roger Bacon, philosophe et scientifique anglais, s'appuie sur les travaux d'Alhazen et continue les expérimentations de la vision à travers le verre et le cristal de roche. Certains historiens lui accordent la paternité des lunettes, avec l'idée d'intégrer deux verres dans des cercles de bois reliés par un clou. Selon d'autres sources, l'inventeur des premières lunettes est beaucoup plus difficile à connaître. On sait seulement que de nombreuses lunettes font leur apparition en Italie à la fin du siècle. Sandro di Popozo détaille d’ailleurs dans son “Traité de conduite de la Famille” le confort apporté par ses lunettes. Alessandro Spina, dominicain italien dont la priorité est d'aider les autres, fabrique également des lunettes qu'il donnait aux plus démunis, savoir-faire qu’il aurait acquis d’un inconnu…
Malgré leur utilité indéniable, les lunettes restent avant tout destinées aux personnes âgées. Avec Gutenberg et l'imprimerie cependant, la lecture se démocratise et les lunettes deviennent indispensable pour certains. Ces “appareils” n’ont alors rien à voir avec les lunettes que nous utilisons aujourd’hui : il ne s'agit que d'un verre fixé devant l'œil, puis de deux verres joints par un clou, d'où le nom de besicles clouantes. Progressivement, la perception change : elles deviennent un signe d'érudition pour ceux qui les ont sur le nez et on les retrouve sur les portraits des plus aisés.
La lentille – terme utilisé à l’époque - était initialement réalisée en béryl ou en quartz. À partir de 1 300, on leur préfère le verre de Venise (Murano), pour ses qualités optiques. On maîtrise alors les verres biconvexes pour les presbytes, les concaves pour les myopes, mais rien pour les hypermétropes ou les astigmates…
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