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Actus - 13/01/2011 à 11:38
Les premiers verres électroniques viennent d’être présentés lors du dernier salon de l’optique en France. Si ce n’est qu’un début, l’introduction de cette technologie dans la fabrication des verres ophtalmiques risque bien, à terme, de provoquer une petite révolution dans ce secteur, comparable à celle des progressifs inventés il y a un demi-siècle. Explications.
EmPower : le premier verre électronique
Secteur hautement technologique, l’optique ophtalmique est restée quelque peu en marge des innovations électroniques et numériques alors même qu’elles bouleversent le quotidien des consommateurs dans d’autres domaines. Mais la révolution est désormais en marche avec la présentation lors du dernier rendez-vous professionnel parisien de l’optique, le Silmo, du premier verre électronique. Baptisé emPower, il a été conçu par la société américaine PixelOptics et sera distribué en France à partir du second semestre 2011 par la société Novacel. Ce lancement a toutes les chances de modifier la façon de concevoir le verre ophtalmique.
Le principe est simple et introduit une rupture avec la fabrication habituelle des verres pour presbyte. En effet, contrairement aux progressifs intégrant trois différentes corrections (vision de loin, près et intermédiaire), emPower est conçu comme un bifocal, c’est-à-dire qu’il corrige la vision de loin et la vision intermédiaire, et ce, tout le temps et sur toute sa surface. La vision de près est corrigée avec l’activation de cristaux liquides du verre insérés dans la zone inférieure. De ce fait, n’ayant pas à gérer les “couloirs de progression” entre les corrections, le verre ne comporte aucune des distorsions que l’on observe dans les progressifs, celles-là mêmes qui peuvent occasionner des difficultés d’adaptation ou des phénomènes de tangage. Certes, celles-ci sont considérablement diminuées par les nouvelles générations de progressifs. Mais il n’en demeure pas moins que, dans le verre électronique, elles sont inexistantes.
Comment ça marche ?
L’activation de la zone de vision de près se fait de manière manuelle, en effleurant la branche, ou de manière automatique. En appuyant sur celle-ci pendant deux secondes vous déclenchez le mode automatique. Il suffit ensuite de baisser ou de relever la tête pour activer ou désactiver la vision de près. Le passage se fait en un clin d’œil. Les verres seront vendus avec les montures équipées d’une pile rechargeable (en tout, 48 modèles seront disponibles) et d’une station de rechargement. On recharge sa monture le soir, sachant que son autonomie s’élève à trois jours. Tous les presbytes peuvent porter ce verre : il n’existe aucune restriction dans les prescriptions et les additions.
Pour le moment, le produit, s’il est séduisant, demeure dans une phase d’expérimentation auprès des consommateurs : lancé en début d’année aux Etats-Unis, il ne sera disponible, d’ici fin 2011, en France que chez un certain nombre d’opticiens partenaires de Novacel. Seul bémol : le design des montures reste très classique. On attend de nouvelles collections avec à terme plus de formes, de couleurs et de choix de style.
Un point de départ pour une révolution du secteur
“Cette innovation en est à ses débuts. Mais il s’agit d’une vraie rupture avec ce qui se fait en verres ophtalmiques depuis plusieurs années. Nous avons là l’introduction des technologies électroniques dans le verre. Et cette incorporation ouvre la porte à d’autres révolutions dans la conception de la correction des défauts visuels par un verre. D’ores et déjà, il s’agit d’une rupture avec la manière de corriger la presbytie en vigueur depuis l’invention du progressif. Ce produit est particulièrement adapté aux quadragénaires primo-presbytes”, commente Jenkiz Saillet, directeur marketing et commercial de Novacel. (Voir vidéo ci-dessous)
Sans aucun doute, cette technologie testée sur le verre pour presbyte pourra s’étendre dans le futur à tous les types de verres : “Je suis convaincu que le compte à rebours est enclenché et que, d’ici dix ans, cette technologie dominera le secteur du verre ophtalmique. Elle permet d’envisager à moyen terme des versions de verres avec variation de puissances sur ce même principe d’activation ou de nouvelles générations de verres solaires”, conclut Jenkiz Saillet. A suivre...
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