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Portraits
Devenue célèbre grâce à ses petites robes noires, ses nœuds, ses cabas, ses fétiches noir et blanc au style très fifties, la marque Paule Ka a récemment présenté sa toute première collection de lunettes. Nous avons rencontré son fondateur, Serge Cajfinger.
Quand vous fondez la marque Paule Ka en 1987, comment définissez-vous votre approche de la mode et du style ?
Paule Ka est, depuis sa création, la même histoire que je raconte, en quelque sorte la même femme que j’aime… J’ai toujours voué une grande admiration à l’élégance des années 50 et 60, naturellement incarnée par des femmes mythiques comme Jackie Onassis et Audrey Hepburn. J’ai donc conçu chaque collection Paule Ka en m’inspirant de ces silhouettes d’époque, en travaillant les courbes, la rondeur des formes, avec toujours ce souci de la qualité, de la ligne, de l’intemporalité, mais aussi avec ce “twist” qui lui confère ce style très moderne.
Le style et le positionnement de Paule Ka sont-ils les mêmes aujourd’hui ? Qui sont les femmes Paule Ka selon vous ?
Il y a naturellement de nouveaux tissus et de nouvelles matières, des techniques de fabrication différentes ainsi que des envies actuelles, dans les couleurs par exemple. Hormis cela, je décline la même culture, les mêmes références depuis la création de Paule Ka. Elles sont d’ailleurs indissociables de ma jeunesse, que j’ai passée au Brésil dans les années 50-60, et de cette époque d’après-guerre où tout était reconstruction. En dépit des années qui passent, chaque collection Paule Ka représente une même histoire, seuls les chapitres diffèrent. C’est une marque très cohérente qui s’adresse à des femmes qui savent très bien ce qu’elles veulent, ou ne veulent pas d’ailleurs. Les femmes Paule Ka ne sont certainement pas des fashion victims, mais sont davantage dans l’action. Affirmées, elles aiment ce style très parisien, très “chic à la française”. Et c’est aussi cette signature qui plaît beaucoup à l’étranger.
Les premières lunettes Paule Ka viennent d'arriver. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps alors que la lunette est devenue un accessoire indispensable ?
Il existait déjà des lunettes de soleil, pour ponctuer la silhouette, car c’est un accessoire que j’affectionne personnellement. Je porte des lunettes depuis toujours, même avant d’en avoir eu vraiment besoin ! J’en ai une bonne dizaine aujourd’hui dans mes tiroirs (NDLR : Serge Cajfinger porte actuellement des Raw Limited Edition de L.G.R.). Mais en effet pour Paule Ka, jusqu’à maintenant, il n’y avait pas de véritable collection. Nous avons toujours réalisé nos lignes nous-mêmes, que ce soit pour le prêt-à-porter mais aussi les chaussures et la maroquinerie. Or, l’élaboration de lunettes doit passer par une licence et un spécialiste de l’optique. Nous n’avions pas de licence jusqu’à maintenant, sauf au Japon pour des foulards et des écharpes. Il faut, selon moi, une certaine notoriété pour signer ce type d’accord et rencontrer la bonne personne au bon moment. Je pense que tous les ingrédients sont actuellement réunis pour que Paule Ka franchisse sereinement cette nouvelle étape.
Comment avez-vous travaillé avec L'Amy, le fabricant ?
Ce sont des professionnels, ils maîtrisent leur spécialité et nous leur avons fait confiance au vu des collections qu’ils développent déjà et des propositions qu’ils nous ont faites. Nous avons bien collaboré : nous leur avons transmis la culture et les codes de la maison, que nous avons associés aux tendances du moment et adaptés à la spécificité du marché de l’optique.
Que représente pour vous cette collection de lunettes ? Et à quoi ressemblera la prochaine ?
L’arrivée de cette collection de lunettes a ouvert un nouveau chapitre de l’histoire de Paule Ka. Je suis heureux de voir que les modèles vont presque à tous les visages. Nous avons voulu retranscrire tout l’univers de Paule Ka dont nous avons parlé précédemment, c’est-à-dire ce chic parfait et indémodable, avec toujours ce twist qui fait la différence. On retrouve donc tous nos codes et motifs fétiches : le nœud, l’anneau de la fermeture éclair du cabas Ka, les surpiqûres, les couleurs… Cette première collection ressemble vraiment à Paule Ka. La prochaine sera marquée par des formes un peu plus grandes, plus massives et des codes que nous n’avions pas encore exploités, mais restera toujours fidèle à la femme Paule Ka.
Retrouvez les lunettes Paule Ka sur la fiche de la collection