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Actus - 02/02/2012 à 11:49

Les lunettes Ørgreen fêtent leur 15 ans. Rencontre avec leur fondateur

Du design, de la couleur, de la technologie : depuis quinze ans, la marque danoise Ørgreen a su s’imposer sur le marché avec ces trois éléments distinctifs. Rencontre avec Henrik Ørgreen, fondateur de la marque.

Venus aux lunettes un peu par hasard et beaucoup par défi, le trio d’Ørgreen (Henrik Ørgreen, Gregers Fastrup et Tobias Wandrup) célèbre cette année les 15 ans de la marque. Après avoir sorti leur première collection solaire (une gageure dans un pays nordique comme le Danemark) à la fin des années 90, ils se lancent dans l’optique en 2001. Mais c’est en 2004, avec sa première ligne en titane bicolore, que la marque s’impose vraiment, grâce à son design scandinave renouvelé et dynamique et ses palettes de couleurs vives. Cette alliance du titane et de la couleur (Ørgreen est l’une des rares sociétés à travailler avec une coloriste dédiée, formée au monde du textile et de la mode) devient pour tous la signature de la marque. Une patte qu’Henrik Ørgreen revendique certes, sans pour autant se laisser enfermer dans ce style.

Vous fêtez cette année vos 15 ans, l’occasion de tirer un premier bilan de l’expérience Ørgreen…
Henrik Ørgreen : Il est assez difficile de résumer tout ce qui s’est passé depuis plus d’une décennie. Cet anniversaire nous a donné l’occasion de revoir les lunettes que nous produisions à nos débuts : nous avons lancé des combinaisons de bois/titane, conçu des branches découpées, et même des modèles avec des perles ! En réalité, à l’époque, nous voulions essentiellement faire quelque chose d’épuré, de dynamique et de jeune. Je suis fier du travail accompli. Mais, incontestablement, nous avons acquis beaucoup de maturité et glané différents savoir-faire. Ces dernières années, notre style s’est concentré sur les lignes en titane, avec des couleurs incroyables. Mais si j’essaie de définir Ørgreen, je m’aperçois que nous avons changé de style de nombreuses fois, tout en conservant le même ADN bien sûr, l’exigence de qualité, de travail sur la matière. Or, comme nous avons du succès depuis cinq ans avec le titane bicolore, beaucoup de gens ne connaissent rien à notre histoire. Nous allons remédier à cela avec un livre qui illustrera, à l’occasion de nos 15 ans, l’infinie richesse de notre entreprise.

Pensez-vous néanmoins avoir trouvé votre identité de marque avec vos dernières collections titane/bicoloration ?
HØ : Je ne le pense pas, mais la plupart de nos clients le croient. Pour la majorité, effectivement, l’identité d’Ørgreen, c’est du métal et de la bicoloration, des collections fabriquées au Japon – alors qu’elles ne constituent qu’une partie de notre histoire. Actuellement, telle est l’identité d’Ørgreen, mais, dans trois ans, nous ferons d’autres choses. Je ne nie pas la force de ce style : c’est lui qui nous apporté le succès et personne auparavant n’avait proposé ce type de collections révolutionnaires. Mais dans le futur, Ørgreen développera des lunettes différentes. Notre identité, ce que nous défendons au-delà des styles divers, c’est la valeur absolue du design, la qualité irréprochable de nos créations et la capacité à innover, à apporter à chaque fois quelque chose de nouveau, jamais vu, qui suscite la surprise.

Justement, quelles seront vos nouveautés dans les prochains mois ?
HØ : Il est un peu tôt pour tout dévoiler. Nous allons lancer des choses très innovantes et célébrer nos 15 ans avec différents événements. Je peux d’ores et déjà vous dire que nous allons concentrer nos innovations sur le plan technique. Actuellement, on ne peut qu’être admiratifs devant des marques comme IC! Berlin ou Mykita, qui ont su imposer des procédés de charnières hypertechniques. Nous nous devons de faire encore mieux, en réfléchissant à la fois au matériau, aux charnières, à la façon de concevoir les nez, le montage des verres, etc. Il s’agit de réévaluer complètement la façon dont on conçoit la lunette. Attendez un peu, vous risquez d’être étonné : en tout cas, nous voulons surprendre !

Définiriez-vous Ørgreen comme une marque typiquement danoise ? Cette tradition “design” du pays est-elle importante pour vous ?
HØ : Franchement, pour être honnête, je ne pense pas que nous soyons typiquement danois. Bien sûr, nous sommes très fiers de la tradition du design au Danemark, de l’âge d’or des années 50-60. Nous portons cet héritage, surtout si l’on considère que le design danois se caractérise par sa simplicité, son minimalisme, au sens où il est pur, sans fioritures. Par exemple, nous soignons toujours l’harmonie des architectures, sans rajouter trop de détails. Mais nous allons aussi chercher dans d’autres pays : aux Etats-Unis, au Japon également. Nous nous inspirons beaucoup du design des nouvelles technologies. C’est aussi cela, l’esprit d’Ørgreen : s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, y compris dans d’autres secteurs. Par là, nous retrouvons, cela dit, une certaine tradition danoise : en effet, les grands noms du design danois comme Verner Panton ou Arne Jacobsen adoraient voyager à travers le monde, s’inspirer d’autres choses que de notre “intérieur” danois.

Quelle est l’étape suivante pour vous ? Chercher toujours plus de simplicité en vous fondant sur des influences diverses ?
HØ : Oui, mais nous ne développerons pas de lunettes minimalistes, comme des percées, par exemple. Les lunettes doivent être visibles, avoir une certaine dimension, de l’épaisseur et de la matière. Aller vers la simplicité oui, mais pas trop : notre identité est fondée sur les couleurs. Cela ne signifie pas forcément la bicoloration, mais en tout cas des coloris forts et funky. Nous aspirons à des lunettes simples mais qui se voient…

Consultez la fiche de la marque Orgreen

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