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Actus - 19/12/2011 à 15:45

Les ophtalmologistes disent non à l'allongement de la validité des ordonnances

On vous a parlé le mois dernier des amendements 5 et 6 du projet de loi Lefebvre et leurs conséquences sur vos achats de lunettes. L'amendement 5 prévoit, entre autres, l'allongement du délai de validité des ordonnances. Les ophtalmologistes s'y opposent.

Il devient de plus en plus difficile d'obtenir rapidement un rendez-vous chez l'ophtalmologiste lorsqu'on a besoin de changer de lunettes. Actuellement, une ordonnance est valide pendant trois ans et passé ce délai vous devez repasser par la case ophtalmologiste pour changer de lunettes. Le projet de loi pour la protection des consommateurs, qui va être étudié dans les prochains jours par le Sénat, prévoit d'allonger ce délai de validité à cinq ans, dans le but de réduire les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous chez l'ophtalmologiste.
Le Snof (Syndicat National des Ophtalmologistes de France) voit dans ce projet une "démédicalisation allant à l’encontre des principes fondamentaux de santé publique." Le Docteur Jean-Bernard Rottier, président du syndicat, précise : "En inscrivant dans la loi une durée de validité de l’ordonnance de cinq ans, le législateur abandonne le dépistage précoce des maladies oculaires au profit du commerce d'équipements optiques. Cette mesure entraînera des décès prématurés par tumeurs cérébrales et mélanomes oculaires non diagnostiqués à temps, des cécités par glaucome et des handicaps sévères par destruction de la vision centrale (dmla). Le législateur doit résister à la pression des industriels de l'optique et à celle des opticiens."
Quelles solutions préconisent les spécialistes ? Les médecins demandent que la durée de validité varie en fonction de l'âge du patient : "Nous recommandons une visite tous les ans de la naissance à 6 ans, puis une périodicité déterminée en fonction des indications de l'ophtalmologiste jusqu'à la quarantaine, puis tous les deux à trois ans sauf indications contraires", explique le Docteur Jean-Bernard Rottier. Autre solution préférée par les praticiens : "La délégation sous contrôle médical d’une partie des actes pratiqués au sein du cabinet d’ophtalmologie, dans le cadre de la loi HSPT de 2009, demeure la solution la plus efficace pour réduire les délais d’attente et garantir aux Français un accès à des soins de qualité." Toujours selon le Docteur Rottier, cette délégation, si elle était mise en place de manière systématique "permettrait d'ici dix ans de déléguer sous contrôle 10 millions d’actes médicaux. Les pouvoirs publics doivent nous aider à poursuivre nos efforts de réorganisation afin de proposer des délais de consultation plus acceptables."
Quelle solution va finalement être adoptée ? Réponse dans les prochaines semaines. A suivre.

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