Samedi 25 octobre 2014

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Interview : Ron Arad nous parle de sa collection de lunettes ultradesign

Si son nom ne vous dit rien, vous connaissez forcément certaines de ses pièces, le fauteuil Rover Chair ou la bibliothèque Bookworm. Créateur de renommée mondiale, Ron Arad se plaît à intervenir dans des domaines aussi variés que les arts plastiques, l’architecture ou le design. Cette année, il nous propose avec cette collaboration à la collection PQ Eyewear un nouveau rapport à cet objet du quotidien qu’est la lunette. Rencontre avec Ron Arad.

Architecte, designer, artiste… vous semblez ne vous laisser ­enfermer dans aucune discipline. Cette année, vous avez créé une nouvelle collection de lunettes, baptisée PQ Eyewear. Pourquoi avoir accepté de designer cette marque ?
Ron Arad : Au début, lorsque l’on m’a proposé cela, je n’étais pas très emballé. Mais face à moi, j’avais des personnes très insistantes et très déterminées à ce que je designe cette collection. Maintenant, je pense qu’effectivement, c’était une excellente idée. Lorsque l’on regarde ce qui se passe en lunetterie, on s’aperçoit qu’il y a peu de nouvelles idées, d’histoires inédites. On voit beaucoup de rétro, c’est un peu répétitif. Et dès que je me suis penché sur le projet, je me suis interrogé : "Pourquoi n’a-t-on pas fait ceci ou cela auparavant ?" En réalité, je ne suis pas un styliste, je ne regarde pas ce que fait la mode, même si, en ce qui concerne le style et tout ce qui l’entoure, au bout du compte, les choses viennent assez facilement. Mais la création ne commence pas avec le style et la mode. Le point de départ pour moi, c’est de créer quelque chose de nouveau, qui n’existait pas avant que j’en conçoive le design.

Vous avez raison quand vous dites qu’il y a de nombreuses collections de lunettes : qu’apportez-vous donc de nouveau avec cette ligne ?
Le premier modèle que nous lançons, nous l’avons appelé la lunette A. Il s’agit d’un système pour relier les deux verres, qui permet de régler la distance entre les deux. Tous les visages diffèrent et on entend souvent les personnes qui essaient des lunettes dire : "J’adore ce modèle mais il ne me va pas, parce que j’ai un nez trop large ou trop fin !" Avec le modèle A, on peut ajuster sa monture ou l’opticien peut le faire : c’est efficace, rapide et précis. Il s’agit aussi d’évoquer la lettre A : l’écart entre les "jambes" de la lettre change en fonction de la hauteur. Si vous regardez les branches et les charnières, il y a encore de nombreuses pistes à creuser. En fait, dans cet exercice de design, on comprend que l’on ne se contente pas de créer : c’est un travail qui se poursuit bien au-delà, un objectif qu’il faut toujours atteindre.

Un concept radicalement nouveau : la lunette s’ajuste à n’importe quelle physionomie, largeur du visage ou nez. Pour cela, il suffit de déplacer la barre qui se situe au niveau du nez et la monture peut s’adapter à toutes les tailles.

Modèle A, PQ Eyewear : Un concept radicalement nouveau : la lunette s’ajuste à n’importe quelle physionomie, largeur du visage ou nez. Pour cela, il suffit de déplacer la barre qui se situe au niveau du nez et la monture peut s’adapter à toutes les tailles.

Pourquoi avoir choisi ce nom, PQ Eyewear ?

Tout simplement parce que si vous écrivez PQ, vous dessinez en réalité des lunettes ! Et vous pouvez d’ailleurs regarder PQ dans les deux sens, cela fonctionne ; c’est comme un palindrome visuel. Lorsqu’on lit le logo, on voit en même temps PQ et une paire de lunettes.

Vous n’êtes pas le premier designer de renommée mondiale à créer une marque de lunettes. Philippe Starck collabore depuis de nombreuses années avec Alain Mikli. Avez-vous regardé son travail avant de vous lancer dans l’aventure ?
Evidemment… je trouve qu’il a accompli un travail fantastique. Encore une fois, ce qui me semble le plus intéressant c’est l’idée d’une charnière totalement nouvelle. Rien que pour ça, je lui tire mon chapeau.

Comment avez-vous travaillé avec les fabricants ?
J’ai découvert tout un univers que je ne connaissais pas, celui des fabricants jurassiens. C’est absolument fascinant et passionnant de voir le souci qu’ils apportent au produit, l’étendue de leurs compétences, leur savoir-faire. Voir comment ils réagissent à nos défis, comment nous pouvons aussi les surprendre : tout cela est très stimulant.

Lorsque l’on regarde vos œuvres les plus connues, le Bookworm ou Oh Void 2, entre autres, on est frappé par votre goût pour les formes rondes, ovoïdes, pour les lignes arrondies. Et l’on retrouve cela dans la collection PQ Eyewear, n’est-ce pas ?
Oui, les formes incurvées ou rondes ne me font pas peur, elles me viennent naturellement. Dans la lunetterie, de toute façon, les courbes préexistent à la création et au design : le visage, les yeux, les oreilles, sont ronds ou arrondis. Les courbes façonnent en grande partie notre corps, elles existent, quoi qu’il en soit.

Dernière question : portez-vous des lunettes ?
Non pas encore ! Mais j’ai des lunettes de soleil, un vieux modèle Alain Mikli vintage que j’aime beaucoup. Malheureusement, je les ai cassées. J’ai donc pris une de nos montures A et maintenant je porte une sorte d’hybride, moitié Mikli, moitié PQ Eyewear !

Corbs Waterloo : Conçue en acétate épais, cette lunette repose sur un système de lames de ressort glissées dans le tenon et la branche. Résultat, une grande souplesse : quand on lâche la monture, les branches se ferment.
Corbs Waterloo : Conçue en acétate épais, cette lunette repose sur un système de lames de ressort glissées dans le tenon et la branche. Résultat, une grande souplesse : quand on lâche la monture, les branches se ferment.

Consultez la fiche de la marque Starck Eyes
Consultez la fiche de la marque Alain Mikli

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