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Actus - 12/05/2011 à 10:24
La controverse sur le Lucentis et l’Avastin a largement dépassé le seul cadre des débats scientifiques depuis la médiatisation des résultats d’une étude publiée dans The New England Journal of Medecine. Celle-ci démontre en effet que ces deux médicaments utilisés dans le traitement de la forme humide de la DMLA ont une efficacité identique. Problème : le Lucentis est le seul à bénéficier d’une autorisation, alors qu’il est 40 fois plus cher que l’Avastin. Face à la polémique qui enfle, la Société française d’ophtalmologie a tenu à donner sa position.
La DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) est une affection qui touche les cellules centrales de la rétine. Dans sa forme dite humide, elle est liée à la prolifération de néovaisseaux et, à ce titre, peut être enrayée dans sa progression par l’injection dans l’œil de molécules antiangiogéniques (anti-VEGF).
Depuis 2007, une molécule, le ranibizumab, commercialisée par le laboratoire Novartis sous le nom de Lucentis, est le traitement de référence et bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché. Très onéreux (1200 euros la dose), il fait l’objet d’un remboursement par la Sécurité sociale, à la différence du bevacizumab (commercialisé sous le nom d’Avastin par le laboratoire Roche), une molécule prescrite habituellement dans le traitement du cancer du côlon et qui peut être injectée sous forme diluée dans l’œil pour soigner la DMLA. Or, l’Avastin coûte 40 fois moins cher que le Lucentis : c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est largement utilisé dans le monde entier, y compris en France depuis plusieurs années… mais sans autorisation de mise sur le marché (AMM).
Mais – et c'est là que le bât blesse – une récente étude (réalisée aux Etats-Unis sur 1200 patients et financée par des fonds publics) publiée dans The New England Journal of Medecine démontre la même efficacité de ces deux médicaments après un an de traitement. De quoi s’interroger, évidemment, sur les raisons réelles de l’absence d’autorisation sur le marché pour l’Avastin. Ce que n’ont pas manqué de faire la plupart des grands médias, dès la publication de l’étude américaine, début mai, au point d’entretenir une certaine confusion.
Dans le cadre de son dernier congrès de mai 2011, la Société française d’ophtalmologie a souhaité apporter des précisions sur cette question, tout en adoptant la plus grande prudence. "Actuellement, des essais, dont l’étude Gefal, sont en cours en France pour comparer l’efficacité mais aussi les effets secondaires de ces deux molécules dans le traitement de la DMLA dite humide. Ces résultats seront publiés rapidement", a déclaré Béatrice Cochener, présidente de la SFO, avant de préciser : "L’étude Gefal tendrait à démontrer l’efficacité comparable des deux médicaments, mais également des effets secondaires plus importants pour l’Avastin. La survenue de complications très rares liées au traitement est d’évaluation difficile et nécessite de grandes études en matière de tolérance. Rappelons que le bevacizumab (Avastin) n’a pas été développé pour une administration intravitréenne et nécessite d’être dilué."